Le golf, sport extrême par son intensité intérieure

Golf extreme

Le golf rend dingue, mais ceux qui le jouent au plus haut niveau doivent l’être quelque part. Sinon, pourquoi Bernhard Langer, vainqueur du Masters en 1985 et 1993, trempait-il ses clubs dans des barils d’eau glacée après un mauvais tour, si ce n’est pour les punir d’avoir mal joué ? Pourquoi Vijay Singh, vainqueur du Masters en 2000 et de l’USPGA en 1998 et 2004, s’entraîne-t-il parfois au putting avec un trou de l’exact diamètre de la balle, pour rendre l’exercice presque impossible ? Pas simple de saisir tout ce qui se passe là-haut…


Dès lors, pourquoi s’ennuyer à jouer au golf ? Sans doute parce que le jeu est plus fort que tout. On ne peut l’oublier, ni le maîtriser. On y retourne toujours et jamais on ne songe sérieusement à l’abandonner, même si on meurt d’envie de le faire après chaque journée catastrophique. On est comme un prisonnier, au final : on doit lutter, s’adapter, ne jamais renoncer. C’est sans doute pour ça qu’on joue rarement seul : on se sent moins vulnérable, à plusieurs…
Le golf est aussi le miroir de l’âme. « L’art golfique est un moyen d’expression. Ce n’est pas un jeu léger. Mais le meilleur moyen de se connaître est d’y jouer. Rien n’en réchappe. On y retrouve l’Homme Nu », a superbement écrit André-Jean Lafaurie dans son Dictionnaire amoureux du golf... Un autre facteur explique l’irrésistible attraction de cette discipline : la force du mirage. Tous les golfeurs ont cru à un moment avoir trouvé le secret de leur propre swing. C’est d’ailleurs une quête sans fin, parce que même quand il n’y a plus d’espoir, il en reste encore. Arnold Palmer, la légende vivante américaine (7 Majeurs entre 1958 et 1964) a un jour livré sa version de la sagesse : « Le secret pour maîtriser le jeu de golf ? Pour le professionnel comme pour le joueur moyen, il s’agit seulement de trouver une attitude qui permettra de faire peu de cas des mauvais jours. Puis de rester patient, et de savoir au fond de son cœur qu’on sera bientôt de retour au sommet. » Très bien. Mais une fois cette belle résolution énoncée, comment l’appliquer ? Le torturé golfeur irlandais Padraig Harrington, trois victoires en Grand Chelem (British Open 2007 et 2008, USPGA 2008), glisse le petit sourire de celui qui sait : « Le golfeur est très capricieux, c’est pour ça que les psychologues du sport ont un très bon avenir avec nous. On se laisse facilement entraîner… »
Parfois, tout va bien : c’est la "zone". Et comme tous les états de bonheur extrême, on ne se rend compte de rien, et le temps passe trop vite. Parfois, tout va mal. Et comme dans les périodes de grande dépression, on souffre en permanence. Le temps passe lentement, chaque micro-problème prend la taille d’une galaxie. Oui, le golf est un sport extrême par son intensité intérieure. Certes, les putts de deux mètres semblent inoffensifs face à une vague de vingt mètres à surfer ou à un sommet de plus de 8 000 mètres à gravir. Mais certains ne se sont jamais remis de les avoir manqués…

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